Depuis de nombreuses années, la Côte d’Ivoire est secouée par une crise qui confine à l’impasse politique. Pendant longtemps, le pays a été économiquement divisé entre un sud relativement prospère et un nord marqué par la pauvreté. Les longs conflits entre nord et sud, qui portaient également sur des questions liées à l’ethnie et à la religion, aux droits civils et coutumiers, ainsi qu’à la nationalité ivoirienne (l’ivoirité), ont débouché, après un coup d’État militaire manqué en septembre 2002, sur une guerre civile entre le gouvernement de Laurent Gbagbo et les groupes rebelles du nord. Les casques bleus, accompagnés de contingents venus de France et de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), ont alors mis en place une zone tampon, qui a entériné dans les faits la partition du pays entre un nord contrôlé par les rebelles et un sud fidèle au gouvernement. En janvier 2003, les chefs des parties en présence ont convenu, sous la médiation du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine (UA), du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des rebelles, ainsi que du retour des populations, préalablement à la tenue d’élections libres et démocratiques.
